Fratribus m'avait suggéré d'aller voir une pièce de théâtre me promettant de la trouver excellente.
Samedi soir, j'étais seule donc j'ai décidé d'en profiter (Sainte Chérie m'ayant opposé une fin de non-recevoir définitive... Je ne peux pas avoir gain de cause à chaque fois !). Et puis, le hasard a fait que j'en ai parlé à Fratribus qui, lui aussi, en mode solo, m'a proposé de m'accompagner...
Excellente soirée avec un petit resto en tête à tête pour couronner le tout et... et... un trajet sur sa moto (ouais, j'ai 15 ans dans ma tête et je suis Vic dans " La Boum " qui monte sur une mob... Trop de la balle !) !
Bref, je m'égare...

Donc, " Et l'homme créa Dieu ", pièce écrite au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo par Jean-Pierre Gauffre (journaliste et chroniqueur radio), pourrait n'être qu'une simple comédie préhistorique à la Monty Python mais qui nous rappelle au passage quelques vérités sur certaines dérives des religions...
Il n'est nullement question de juger de l'existence ou non de Dieu mais plutôt d'un constat de ce que les hommes peuvent faire de la Croyance au nom de leur Religion...

Le fil de l'histoire est très simple : dans une grotte, deux homo sapiens discutent de la possibilité de créer une entité universelle qui leur ferait gagner du temps en leur évitant d'avoir à faire des incantations à n'en plus finir pour espérer une bonne chasse.
Le " concept "  de Dieu est né !
Ne voyez aucun blasphème dans cette expression mais la pièce est une revisite parodique de l'histoire du monothéisme, pleine d'anachronismes savoureux et décalés.
Or, donc, au fur et à mesure de la mise au point de cette espèce de super-héro et, surtout, de ce que devra être la Religion qui y sera attachée, des questions se posent sur ce que chacun pourra en tirer, sur l'adaptation qui pourra en être faite par des tribus aux moeurs différentes et sur les excès et dérives qui pourront en découler.
Une réflexion tout en humour et en pertinence portée par deux acteurs plein d'énergie (Eric Sanson et Jean-Pierre Gauffre himself) sous leurs peaux de bête, un peu comme une mise en texte de l'expression de Karl Marx : " la religion est l'opium du peuple ".

Le spectacle dure 1h20 mais il passe à une vitesse prodigieuse. Toutes les générations apprécient et ce n'est pas une vue de l'esprit : Madame Mère est prête à y retourner et samedi soir, dans la salle, il y avait à peu près toutes les catégories d'âge adulte représentées.
A la fin, les acteurs savent se rendre disponibles pour un moment de partage avec les spectateurs et c'est très agréable.

Et, sinon, vous ai-je raconté que Fratribus m'avait emmenée sur sa moto ? Z'êtes sûrs ?

 

Et l'homme créa Dieu

Jusqu'au 1er février 2018
Théâtre Inox
11 rue Fernand Philippart - 33000 Bordeaux
Tarif unique 18 €