Des Blabla

04 juillet 2017

Et (se) couler dans l'été

Le temps file toujours et encore.
Je n'ai pas ouvert de livre depuis des semaines.
Je pensais qu'avec la fin de l'année et le début des vacances, j'allais enfin reprendre pieds, me poser, voire me reposer mais non. J'avais oublié que l'été, un autre rythme se met en place.
Même pour courir, je suis en retard !
La semaine dernière, j'ai même râté le décès d'Helmut Khol.
En revanche, j'ai pris le temps de laisser l'émotion m'envahir pour celui de la grande dame qu'était Simone Veil. Après le décès de Benoîte Groult l'an dernier, je perds mon deuxième mentor de celles qui ont construit ma conscience féminine.

Après les journées de canicule, la semaine de pluie violente et incessante, je ne sais plus trop où j'en suis de l'été.
Alors, tout doucement, je vais tenter de me laisser couler dans l'été, sans couler tout court. Je vais essayer de me mettre à l'heure du temps qui se rallonge et s'étire comme un gros chat au soleil...
Je n'ose pas vous dire que le rythme va ralentir ici, vu que le blog est au point mort depuis déjà plusieurs semaines.
Mais, bon, là, de suite, maintenant, j'ai juste envie de me dire que je vais profiter de ces deux mois d'été...
Je vais donc continuer à venir ici de temps en temps au fil de l'eau, du soleil et des heures...

Je vous souhaite également de bien profiter de votre été. Ecoutez les cigales et le souffle du vent au coucher du soleil ! Savourez le bruit des verres qui s'entre-choquent quand ils sont tenus par des mains amies ! Respirez l'air chaud de l'herbe chauffée par le soleil et d'un barbecue aux sarments de vigne !
Bref, soyez heureux !

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13 juin 2017

Ecoutez nos défaites

Ecoutez-nos-defaites

J'aime les livres de Laurent Gaudé. Mon préféré définitivement reste " Sous le soleil des Scorta ", suivi de près par " Pour seul cortège " mais je pense que la troisième place va être tenue par " Ecoutez nos défaites ".

C'est annoncé comme un roman, j'aurais plutôt dit qu'il s'agit d'un essai, un essai philosophique romancé car tous les personnages évoqués n'ont pas existé mais, pour le reste, il y a beaucoup d'enseignements à tirer de ce livre ou, plutôt, il n'y en a qu'un, unique, universel qui est dit page 247 : " Les hommes finissent toujours vaincus " et c'est cela que nous raconte Laurent Gaudé.
On peut être un général victorieux de la guerre de Sécession, on peut être un dictateur vaincu, on peut être un soldat vainqueur d'un des plus grands chefs terroristes, on peut être un archéologue cultivé assassiné, on peut être un héros de l'Antiquité vainqueur puis défait par Rome, on finit toujours par être vaincu d'une façon ou d'une autre...
Et si l'on s'en tient là, ce livre est d'un pessimisme absolu mais Laurent Gaudé nous raconte également que ce sont aussi les défaites qui nous construisent, qui font les légendes et l'Histoire ou notre histoire.

Au travers de tranches de vie choisies dans l'existence du Général Grant, vainqueur des Sudistes et futur président des Etats-Unis, de Hailé Selassié, roi des rois d'Ethiopie chassé par les Italiens puis dictateur déchu, d'Hannibal, général carthaginois qui mit en échec les romains sur leur territoire avant que l'Empire n'aille le battre jusque dans sa ville et de Sullivan Sicoh, qui est un soldat de fiction envoyé pour tuer Ben Laden et combattre en Afghanistan. On croise également Khaled al-Assaad, le conservateur de la cité antique de Palmyre assassiné par l'Etat Islamique.
Il y a comme une fatalité à la vie, on ne peut pas gagner. Qu'on soit du côté des " gentils " ou de celui des " méchants ", on finit toujours par perdre le combat, la mémoire collective se chargera juste d'en conserver la couleur du souvenir...
Mais le méchant est-il bien le méchant ? Tout n'est-il pas question de nuances de gris à côté de l'idée quelque peu manichéenne qu'on se fait des figures historiques ?

Laurent Gaudé, avec son style si fluide, nous raconte tout cela sans que l'on perçoive toute cette profondeur de prime abord. On le laisse nous embarquer dans ses petits récits entrecoupés, liés. On cherche plus ou moins le lien entre tous ces hommes, le fil ténu qui tient les pages ensemble mais à la moité du livre, on s'aperçoit de la supercherie : l'enjeu là où on l'attend.
Alors, j'ai commencé à comprendre que je faisais erreur en attendant un récit classique ou, au contraire, volontairement complètement déconstruit. J'ai commencé à comprendre que ce qu'il me racontait était ailleurs, différent, plus subtil, plus profond et, là, j'ai plongé avec encore plus de plaisir dans cette lecture douce et amère jusqu'à la dernière ligne...
Non, peut-être pas jusqu'à la dernière ligne car j'avoue que les quelques toutes dernières pages m'ont semblé un peu " faciles " ou, du moins, je dirais moins en accord avec tout le reste mais ce n'est que mon avis.

Encore une fois, je me suis laissée émerveiller par la plume de Laurent Gaudé et ça fait un bien fou...

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12 juin 2017

Orange is my new black

Cette année le orange doit être à la mode...

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Je viens d'être équipée de pieds en cape pour être en sécurité pour certains déplacements professionnels...
Bon, en revanche, je pense que la taille S dans le BTP correspond à XL dans la normale. Non, parce que, ma parka (doublée pour avoir bien chaud l'hiver... mais, autant vous dire que, demain, quand je vais la mettre pour ma première sortie sécurité, je ne vais pas du tout pleurer !) me descend aux genoux, les manches pourraient me faire un pantalon et en largeur, je pense que je peux en mettre deux comme moi dedans et on fermera encore la veste...

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Et puis, je suis allée préparée les fonds de caisse pour la kermesse...
Il nous fallait un maximum de pièces de 0,20 €...
Oooooooh, les rouleaux de cette catégorie aussi sont oranges !

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Quant aux tickets de ladite kermesse, chaque année, la couleur en est différente...
Et cette année... ils sont ?
Oui ! Orange !

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Quant au tee-shirt estampillé pour la course solidaire que nous avons courue la semaine dernière avec des collègues, je crois qu'il est encore plus orange qu'orange...

C'est certain, cette année orange is my new black mais ça ne me va pas du tout, mais pas du tout au teint !

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08 juin 2017

Festival ODP

Le week-end dernier se déroulait le festival ODP du côté de pas très loin de chez moi...
C'est un festival de musique organisé (comme son nom l'indique) par l'association des Orphelins Des Pompiers avec trois jours d'animations (dont des cours de gestes de premiers secours) et trois soirées de concerts.

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J'ai laissé Sainte Chérie faire sa sélection et nous avons convenu d'aller voir Vianney, Imany et Jain (bon, j'aurais bien renouvelé l'expérience de mon cadeau de Noël mais je me suis dit que c'était abuser et, en plus, Sainte Chérie a fait mine de vomir son déjeuner quand j'ai évoqué cette possibilité...).

Le premier soir, nous étions 7000 spectateurs à avoir envahi la pelouse du parc. La pluie s'était arrêtée en fin d'après-midi et, après un petit encas entre filles, nous sommes arrivées pile poil pour Vianney.
Je vous avouerais que je ne suis pas super fan mais que je le trouve gentillet mais je reconnais que, pour un type seul avec une guitare face à 7000 personne, il a bien mené son jeu et nous a tenu pendant presque une heure et demi.

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Après, je pense que son spectacle aurait gagné en ambiance générale s'il avait chanté quelques-uns de ses tubes les plus célèbres dès le début et non en les gardant tous pour la fin car si la fin était une apothéose, je crois que la mayonnaise aurait pris plus tôt et que les spectateurs se seraient lâchés avant et seraient tout aussi bien montés en puissance à la fin...
Mais j'ai aimé cet esprit plus acoustique, plus intimiste. Vianney est un jeune-homme plein d'esprit et de verve et il a beaucoup d'humour...

 

Le lendemain, nous avons assisté au concert d'Imany.
Imany, c'est d'abord une voix, une voix profonde et grave, une voix qui vous entraîne dans l'univers de la chanteuse. Puis, c'est une femme d'une beauté incroyable, à la présence charismatique, presque hypnotique.

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Entourée de sa bande de musiciens tous aussi talentueux les uns que les autres, elle nous emmène dans son univers et on y adhère sans retenue. Que ce soit jazzy, blues, rock ou pop, on s'évade, on danse, on chantonne. On est avec elle comme on savourerait une douceur.
On n'a pas envie que ça s'arrête, on a envie de se lover dans cet univers musical et de se laisser cajoler par cette pépite !

 

Enfin Jain. Cette jeune-fille au col claudine blanc arrive sur scène seule avec sa boîte à rythmes. Je connaissais ses chansons assez enjouées et dansantes mais ce n'est rien comparé à ce qu'elle en fait sur scène.
Sainte Chérie m'a glissé à l'oreille : " Cette fille-là, quand elle danse en boîte, il faut s'éloigner de 3 ou 4 mètres sinon tu finis aux urgences ! "

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Et, ma foi, elle n'a pas vraiment tort mais ce qui est phénoménal, c'est qu'elle entraîne avec elle la quasi-totalité des spectateurs qui se mettent à sauter, à danser avec elle... Et je dois également dire que Sainte Chérie s'est également penchée vers moi, l'air désolé, désespéré pour me dire : " non, mais tu es sérieuse là ? Tu sautes et tu danses comme une fofolle devant tout le monde ? "
Ben oui...
D'accord, lundi matin, j'avais les mollets qui tiraient un chouilla mais qu'est-ce-que je me suis éclatée !!!

 

Et puis, pour terminer, un petit trio de photos...

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06 juin 2017

L'écho

Il y a parfois des évènements qui résonnent comme des " concours de circonstance ", comme des hasards sinistres.
Il y a des échos. Mais pas celui qu'on entend au milieu des pâturages en montagne. Celui joyeux des randonneurs qui s'interpellent ou des cloches des vaches et autres moutons broutant l'herbe verte.
Il y a l'écho qui ressemble à celui qu'on entend au fond d'une crypte, à la croisée du transept d'une cathédrale batie au nom d'un Dieu pour lequel on a tué tant d'infidèles, ici ou ailleurs, sorcières, juifs ou mahométans...

C'est cet écho-là qui a résonné et résonne encore à la maison par le fruit de terribles concours de circonstances.

Il y a un peu plus d'un mois, je faisais découvrir à Sainte Chérie le film " Suffragettes " relatant le combat pour l'obtention du droit de vote pour les femmes en Angleterre.
Sainte Chérie avait été choquée de cette violence et de la découverte que ce qui lui semblait allait de soi avait été obtenu, non seulement, de haute lutte mais, en plus si récemment. Nous avions donc parlé de la " Women's Social and Political Union " qui avait été créée à Manchester, du courage des femmes anglaises qui ont ouvert la voie à beaucoup de leur " soeurs " européennes, des combats à mener car aucune liberté, aucun droit n'est jamais définitivement acquis.
Et puis, il y a eu le 22 mai...
Tant de femmes, jeunes-filles ou fillettes (et d'hommes également) tuées au nom d'une croyance (je refuse de parler de religion dans ce cas-là car, pour moi, le Qualifat ne représente aucunement l'Islam !) dans laquelle les femmes n'ont aucun droit, aucune existence autre que celle de l'asservissement.
Et, à tort ou à raison, j'ai entendu cet écho. Il m'a frappée. Il m'a secouée.
Au delà de l'horreur de la barbarie kamikaze, cette image s'est imposée. Je ne ferai pas l'honneur aux terroristes d'avoir pensé (ces gens-là ne pensent pas !) à ça en choisissant leur cible mais, moi, j'y ai pensé... 

La semaine dernière, j'ai fait découvrir à Sainte Chérie " Le discours d'un roi " relatant l'accession au trône de George VI et sa lutte contre le bégaiement jusqu'à son discours radiophonique lors de l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne. 
Forcément, là encore, nous avons élargi le débat avec Sainte Chérie. Nous avons parlé du courage des britanniques, sans qui nous parlerions peut-être allemand aujourd'hui, de Churchill et de son discours du 13 mai 1940, promettant du sang, de la sueur et des larmes à ses compatriotes pour mener une guerre sans merci contre l'Allemagne et accéder à la victoire.
J'aime bien les anglais (bon, sauf Martin Jonhson et Owen Farrell mais, ça, c'est une autre histoire !) dans ce qu'ils peuvent avoir de plus noble.
Et puis, il y a eu le 3 juin...
J'ai entendu Sadiq Khan, le maire de Londres. J'ai entendu Teresa May (bon, ok, je la mets dans le même sac que Maggy Thatcher et donc je ne les aimes pas beaucoup non plus !). J'ai aimé leur discours implaccable, leur volonté de résister, de maintenir le processus démocratique.
Oui, bien sûr, en France également, les discours post-attentats étaient plein de cette volonté mais, dimanche matin, en filigrane, je voyais Churchill, je voyais les anglais dans l'adversité de la bataille d'Angleterre, j'entendais cette fierté de la perfide Albion qui fait que je l'admire autant qu'elle m'exaspère...

J'ai tremblé pour ma nièce qui vit et travaille à Londres. J'ai tremblé pour un pote qui vit et travaille à Londres. J'ai été soulagée d'avoir de bonnes nouvelles des deux et quand, dimanche soir, à un concert, Jain a chanté la chanson composée au lendemain des attentats du 13 novembre et qu'elle a levé le bras en faisant le V de la victoire, tête baissée, en hommage à toutes les victimes des attentats, l'écho en moi s'est fait larmes et j'ai levé le bras en faisant le V de la victoire...

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02 juin 2017

3 X (trois fois) Manon

Hier soir, tard (il faut bien le reconnaître !), je me suis retrouvée scotchée à ma télévision devant la rediffusion d'un téléfilm de 2014 en trois épisodes diffusé sur Arte dont je reconnais que je n'avais jamais entendu parler avant. J'étais tellement scotchée qu'il a fallu que j'aille jusqu'au bout du dernier épisode...

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" 3 X Manon " est une série terriblement réelle, même si l'histoire n'est qu'une fiction.
En l'occurrence, il s'agit de l'histoire d'une adolescente de 15 ans, mal dans sa peau, subissant de lourdes crises de violence et de rage au point qu'une nuit, elle poignarde sa mère. La blessure n'est pas grave mais Manon se retrouve enfermée dans un centre d'éducation fermé qui doit lui permettre, en six mois et sous contrôle du juge, d'apprendre à canaliser sa rage et à se " créer " un avenir qui ne passera pas par la case prison...

Le téléfilm est sublimement porté par la bande d'adolescentes du centre avec, en tête, Alba Gaïa Bellugi, époustouflante de justesse, d'émotions à fleur de peau, de sauvagerie, qu'on a tour à tour en
vie de prendre dans nos bras puis de tarter. Tout en elle est absolument incroyable, au point que, par moment, il m'a fallu un temps pour me rappeler que, non, ce n'était pas un documentaire mais le jeu d'une jeune actrice qui n'a pas encore 20 ans. Elle porte dans ses regards, ses attitudes, sa voix une puissance d'incarnation que je n'avais pas vue depuis longtemps !
Elle a parfois la moue de Charlotte Gainsbourg dans " L'effrontée " mais sans cette légèreté qui permettait d'accrocher le mot " comédie " à côté de " dramatique " à ce film...
Il y a également une belle brochette d'acteurs comme Alix Poisson, Yannick Choirat et Marina Foïs, à la pointe de leur talent !

Et puis Jean-Xavier de Lestrade, le réalisateur, qui a le regard du documentariste et qui nous offre une réalisation épurée, nette, sans effet de caméra et, pourtant, sans la dureté et la froideur que l'on peut retrouver parfois chez certains cinéastes dits " sociaux " comme les frères Dardenne, par exemple.
Il filme en se faisant oublier. Il laisse les acteurs exposer les émotions de leur personnage et la violence n'en est pas moindre.
Elle est juste bouleversante !
Il ne cherche pas à justifier l'attitude de Manon. Il ne cherche pas à en faire une héroïne. D'ailleurs, il ne cherche pas à nous expliquer quoi que ce soit, il nous montre juste !
Il ne nous dit pas ce qui amène la jeune fille à subir cet excès de violence incontrôlable qu'elle fait subir à elle-même et aux autres.
Il ne cherche pas à nous montrer pourquoi la mère (Marina Foïs) est finalement toxique pour sa fille. Pas de séance de flash-back ou de confidence psychothérapique pour comprendre pourquoi on en est arrivés là...
On aurait tendance à vouloir voir un nouveau professeur Keating en Alix Poisson (et, d'ailleurs, la scène de la première répétition de l'affrontement entre Cerbère et Orphée m'a donnée envie d'applaudir !) mais, non. Elle est prof, avec des idées, des écueils, des défauts et c'est tout !
Il n'y a pas de héros ! Les personnages sont des êtres humains. Ils ne sont, pour la plupart, ni pires, ni meilleurs que tout un chacun. Ils sont. Point.

Avec tout cela, je me suis donc retrouvée embarqué à mon corps défendant dans cette histoire, craignant, malgré tout, le misérabilisme ou l'émotionnel à outrance mais rien de tout cela.
Tout était parfait, juste et je me suis retrouvée plus d'une fois retournée devant une scène, bouleversée à l'extrême et pas forcément pour les scènes les plus émouvantes, les plus prévisibles à l'émotion. Ce ne sont pas les bagarres qui m'ont forcément le plus prises aux tripes, ni les larmes qui m'ont serré la gorge...
Non, ce sont de petits détails... Un point serré en arrière plan d'une nuque penchée. Un regard échangé entre deux éducateurs. Un tablier enfilé dans une cuisine et des pommes de terres sorties à deux d'un faitout.
Le film n'a même pas vraiment de " morale " à la fin car on n'est pas au pays des Bisounours, ni dans " Les choristes " (que j'avais adoré, ceci étant !)...
Sortie d'affaire, pas sortie d'affaire, ce n'est pas vraiment le sujet. On ne peut même pas parler d'expérience initiatique comme dans " Le cercle des poètes disparus ". On rencontre Manon à un point A de sa vie et on la quitte à un point B.
Et pourtant ces trois téléfilms de 52 minutes sont les plus forts qu'il m'a été donné de voir depuis très longtemps !

Et si je n'ai qu'un conseil : accrochez vos tripes et cherchez vite un replay !

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29 mai 2017

Clap de fin

Les trois dernières semaines ont été mouvementées, très mouvementées !
J'ai eu du mal à toucher terre et les quelques moments où j'ai réussi, ça a été pour m'endormir affalée.

Il y a d'abord eu l'expérience renouvelée et toujours merveilleuse des représentations de théâtre.

Le moment suspendu de " l'avant ". Quand chacun se concentre, se prépare.
Mais, si c'est un moment de solitude, ce qui est improbable, c'est que c'est également un moment de partage et d'excitation !
Nous sommes tous ensemble dans les coulisses, à la table de maquillage ou dans les penderies où attendent sagement nos costumes et accessoires. Un coup de main pour un maquillage ou une coiffure par ci, un grignotage par là, une dernière vérification silencieuse des différents éléments de costume et d'accessoires, une plaisanterie à la ronde, un mot d'encouragement, un petit recadrage de texte par rapport à la dernière représentation...
C'est le tout et le rien tour à tour !

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Il y a également les coulisses.
Quand on entend les spectateurs s'installer avant et écouter pendant (oui, on vous entend écouter... Je vous expliquerai juste après !). La concentration ultime, chacun à sa manière, l'instant unique avant d'entrer dans la lumière et d'être quelqu'un d'autre pour quelques instants volés à ce que nous sommes. Ces personnages qui laissent tous une part d'eux en nous et qui nous façonnent tous un peu.

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Pour moi, c'était également l'émotion de retrouver la scène de mes premiers pas au théâtre. Une grosse bouffée qui monte à la gorge en même temps que les coups du brigadier (d'ailleurs, saviez-vous pourquoi le baton s'appelle un brigadier ? C'est dû aux machinistes des théâtres qui travaillent en équipes, appelées brigades. Le brigadier était le chef d'équipe et, par conséquent, le régisseur qui frappait les trois coups, le chef des brigadiers... C'était la seconde culturelle de Miss Blabla !) résonnent dans la salle.
Et une personne, que j'ai eu connue à cette époque-là et qui ne savait pas que j'avais réintégré la troupe 25 ans après ma dernière représentation, est venue me voir juste après pour me dire : " je t'ai reconnue tout de suite quand tu es entrée sur scène ! Je suis tellement contente que tu sois de retour ici ! "

Et puis, cinq représentations. Cinq soirées complètement différentes. Cinq sentiments d'excitation, de bonheur ineffables. Plusieurs personnes m'ont demandé si ce n'était pas lassant de jouer et de rejouer la même pièce. D'abord, cinq fois, c'est loin de représenter les centaines de représentations des acteurs professionnels. Là, je ne peux pas répondre ! En revanche, ce que je sais, à mon humble niveau, c'est qu'il y a un plaisir permanent à jouer et rejouer. Chaque soirée a été différente.

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D'abord du fait du public qui n'était pas le même, qui ne nous renvoyait pas forcément les mêmes émotions, les mêmes réactions et, ça, vous ne le savez peut-être pas mais ça change énormément de choses quand on est sur scène. On sent un public attentif ou qui s'amuse ou exigeant ou ennuyé. Oui, on a beau être concentré sur ce que l'on est entrain d'interprêter, on sent cette énergie, cette ambiance qui vient du public et ça influence notre façon d'être sur scène. On accentuera plus ou moins certaines répliques ou situations. On guettera telle émotion plutôt que telle autre.
J'ai des amies qui m'ont fait la joie de venir deux fois et qui, par hasard, sont venues à deux soirs qui pouvaient difficilement être plus aux antipodes l'un de l'autre et qui m'ont demandé à la fin si nous avions revu la mise en scène entre les deux... La première fois, le côté sombre, violent et cynique de la pièce ressortait, prenait à la gorge mais c'est du Ionesco et, qui dit Ionesco, dit théâtre absurde, et l'autre soir, elles se sont étonnées de la dimension comique, décalée de l'oeuvre.

Ensuite, il y a notre forme, notre humeur et l'ensemble mélangé de chacun. Il a fallu faire avec quelques tensions entre deux mais qui ont ressenti le besoin de vouloir " tout déchirer " chacune dans leur rôle ce soir-là pour libérer leur frustration, leur agacement mais aussi pour montrer qu'elles avaient à coeur de ne pas nous planter tous par une mauvaise énergie.
Là encore, on a beau dire, ce soir-là, on a, insensiblement, fait ressortir d'autres petits aspects de la pièce, que lors d'autres représentations où nous étions d'humeur plus cabotine ou plus concentrée.
Non, définitivement, il n'y a pas de lassitude à jouer plusieurs fois la même pièce. La dimension humaine fait énormément et c'est un privilège incroyable que d'avoir la chance d'interprêter un texte plusieurs fois et de différentes façons.

Et, finalement, il y a toujours ce pincement au coeur quand il faut enlever pour la dernière fois son costume et le raccrocher sur le cintre...
Il y a toujours ce manque, les quelques jours qui suivent la fin. C'est une drogue !

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Clap de fin... jusqu'à l'an prochain !

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11 mai 2017

Au fil des images

Cette semaine, je suis un peu charrette...
Bon, ok, j'ai l'impression que je vous dis ça à chaque fois mais, là, c'est encore plus vrai !
Alors, vite fait, un petit tour en images de ces derniers jours.

Dans la dernière ligne droite de mon année de théâtre, avant-hier, c'était la Générale de notre pièce. Demain, c'est la Première.

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J'aime ces moments en coulisses. Entendre ce qui se passe sur scène. Ecouter le souffle de la salle. Etre là et en dehors du temps, de l'espace. J'aime aussi regarder les autres juste avant qu'ils n'entrent en scène, chacun se concentrant à sa façon et entrer dans la lumière.

 

Je sais " se moquer, c'est mal ! ".

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Alors, on va dire que je me moque pas et que je constate avec effarement qu'en 2017, certains arrivent encore à sortir avec les soquettes bien remontées sur les mollets et un bermuda long.
Et si, en plus, les soquettes sont fantaisies...

 

Sans parler de la politique de notre nouveau président ou de ses opinions, j'ai aimé cette image.

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J'ai envie d'y voir un petit moment volé à toute cette dictature de l'image si policée, si contrôlée. Cette demi-seconde où les émotions reprennent le pas sur la communication, où la spontanéité est plus forte que le protocole. Bref, une jolie seconde d'humanité !

 

Et puis, au milieu de tout ça, un petit bout de gâteau au chocolat maison.

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Ca ne fait pas de mal et c'est plein de magnésium le chocolat, non ?
Et puis, ce gâteau a fait ses preuves depuis des années avec un rapport qualité/temps de fabrication hyper rentable...

05 mai 2017

Hier soir, j'ai fêté Noël !

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Non, je ne suis pas complètement déphasée ! Hier soir, c'était mon cadeau de Noël avec des places pour le concert de Julien Doré et la promesse d'une jolie soirée à deux et, croyez-moi, c'était vraiment un très très chouette Noël !

J'aime beaucoup Julien Doré, sa voix chaude et profonde, sa façon de bouger assez peu conventionnelle, sa personnalité un peu décalée et son humour encore plus décalé.
J'espérais que son concert regrouperait tout ça et que le moment serait donc magique !
Et je n'ai pas du tout été déçue !

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Il nous a offert plus de 2 heures de show pleines de générosité durant lesquelles il a chanté tous ses plus grands tubes et puisquelques jolies pépites comme son " Don't be affraid "...
Il s'est mû comme il le fait toujours, un peu au ralenti, un peu façon équilibriste ou Qi Gong. Cette façon de bouger qui n'appartient qu'à lui et qui fait partie de ce que j'aime chez lui !
Il nous a fait rire, notamment pour une histoire de glace et de cheveux qui gonflent et du fait que c'est mal de le comparer à Gwendal Peizerat (oui, je sais dit comme ça, on ne voit pas bien mais dans le contexte, c'était beaucoup plus drôle !)...
Et puis, il avait même amené son ami le panda et sa jolie petite Monkey son casque doré !

Sa première partie était un groupe nommé OMOH qui était fort sympa et j'ai même trouvé que c'était un peu court (bon, pas trop parce que, quand même, on attendait  le Juju avec un minimum d'impatience !).

Bref, une très belle soirée, telle que je l'avais imaginée et rêvée et telle qu'elle s'est réalisée !

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03 mai 2017

Quattrocento

Quattrocento

Alors, sans doute, vais-je décevoir des gens qui devaient penser que ce livre correspondrait à mon caractère. On m'avait offert " Quattrocento " il y a quelques mois (mi décembre pour être précise) et je pensais vraiment que j'allais m'en délecter. Sur le papier, il regroupait tous les ingrédients qui auraient dû effectivement m'emballer mais je suis quelque peu passée à côté et ma déception est peut-être d'autant plus grande que je pensais vraiment dévorer ce livre...

Peut-être d'ailleurs, n'est-ce pas totalement la faute dudit livre car, je reconnais, qu'avec la préparation du semi-marathon, les répétitions de la pièce de théâtre et tout le reste (quotidien classique, tracasseries administratives liées à mon embauche et au vol de mon portefeuille, etc), j'ai eu du mal à lire autant que j'aurais aimé. Du coup, il est compliqué de se sentir imprégnée d'une histoire quand on arrive péniblement à lire une demi-page par ci, par là.
Après, je crois également que j'ai été déroutée par le fait que je m'attendais à un roman ou biographie historique (entre " Le nom de la rose " et les romans de Jean Diwo) alors que, finalement, c'est un récit historique ou, non, plutôt un essai historico-philosophique.

Le livre nous raconte donc la quête du Pogge, ancien secrétaire apostolique mais de mouvance humaniste, qui parcourt les monastères à la recherche de manuscrits rares. Un jour, en Allemagne, il découvre le " De rerum natura " du poète Lucrèce.
Lucrèce était un écrivain-poète lié à la pensée d'Epicure pour qui, entre autres, tout ce qui existe est fait d'atomes, même l'âme, qui n'a rien d'une entité spirituelle mais n'est qu'une agglomération d'atomes, que les êtres sont le résultat d'une évolution et non d'une création instantanée et qui pensait qu'il fallait être à la recherche du plaisir (mais pas dans notre sens habituel, plutôt dans celui d'absence de douleur du corps et de soucis de l'esprit).
Forcément, dans la société extrêmement religieuse du Moyen-Age, ce genre d'oeuvre ne pouvait pas être approuvé et, donc, était voué à l'oubli, à la destruction.
Sauf que sa " redécouverte " par le Pogge et sa propagation dans toute l'Europe va permettre une évolution des mentalités et ouvrir les pensées au courant de la Renaissance, dont l'un des emblêmes est le " Quattrocento " florentin !
Cela inspirera également nos grands auteurs comme Montaigne dans ses " Essais " et même Thomas Jefferson, fervent admirateur de Lucrèce et d'Epicure, pour la rédaction de la Déclaration d'indépendance américaine au XVIIIè siècle !

Bref, j'adore la période de la Renaissance, j'ai des souvenirs agréables (oui, il était assez agréable de traduire du Lucrèce ou, du moins, plus que du Virgile !) des versions latines du poème de Lucrèce mais je n'ai pas accroché...

Je n'ai pas réussi à déterminer si le but de Stephen Greenblatt était de nous parler de :
- l'obscurantisme du Moyen-Age et des excès y attachés (nombres d'oeuvres, notamment antiques, ont été détruites pour éviter le pervertissement de l'âme. Beaucoup d'hommes ont fini sur le bûcher pour avoir voulu propager ces idées) et de la redécouverte d'une oeuvre majeure (le " De rerum natura " de Lucrèce) qui ouvrira la voie à la Renaissance 
- la sauvegarde des oeuvres et de l'évolution de la place des livres, des bibliothèques et de l'érudition à l'époque romaine et l'évolution postérieure jusqu'à aujourd'hui.
- la vie du Pogge, humaniste et secrétaire apostolique, membre de la curie et déchu.
- la structure et l'analyse du poème de Lucrèce en tant que précurseur à la pensée moderne.

C'est d'ailleurs, peut-être un peu de tout cela mais comme on saute du coq à l'âne sans crier gare, qu'on navigue de l'Antiquité, au Moyen-Age jusqu'au XXème siècle et comme le livre n'est que très rarement séparé en chapitres, j'ai fini par m'y perdre et c'est bien dommage car je persiste que l'idée de départ pouvait donner quelque chose d'absolument passionnant !

Mais, de fait, le style de Stephen Greenblatt est trop universitaire pour moi. On est vraiment dans l'essai. On s'attend plus ou moins à une aventure historique d'envergure mais, si elle existe, elle est tellement noyée dans les détails techniques, qu'on ne s'est plus trop bien où on en est car, on a beau dire mais la description fort détaillée de comment les parchemins étaient grattés pour être réutilisés ou quel était le langage muet que les moines utilisaient pour respecter le silence mais communiquer au sujet de la copie de textes, personnellement, je trouve ça assez vite abscons et peu passionnant...
Quant à la deuxième/troisième partie du livre, il s'agit d'une analyse, sans doute fine et pertinente, du poème de Lucrèce mais, alors là, j'ai vraiment eu l'impression, pour le coup, de me retrouver pendant mes cours de latin (sauf que, au moins, mon prof était drôle et vivant !).

Alors, je reconnais bien volontiers que l'homme est sans aucun doute une pointure sur le sujet et il suffit de voir la cinquantaine de pages d'annotations à la fin du livre pour comprendre que pas un détail ne lui aura échappé dans sa quête...
Je veux bien avouer que tout est extrêmement cultivant dans son livre mais j'ai l'impression qu'on m'a fait ingurgiter une bouillie d'informations que je ne sais même pas classer ou utiliser.
Mais, bon, grâce à lui, aujourd'hui, je peux me targuer de savoir la différence entre scriptorium, papyrus, parchemin et palimpseste et quel type d'homme vivait dans la maison des papyrus à Herculanum au moment de l'erruption du Vésuve !
Enfin, je crois...

Posté par Miss Blabla à 06:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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