La France est championne du monde de football et c'est une bien belle chose pour les amoureux de ce sport et, aussi, ne soyons pas mesquins, pour tous les français qui ressentent une certaine fierté à voir flotter haut la réussite de notre équipe nationale (on s'en fout de savoir qui regarde tous les matchs ou qui ne supporte que tous les quatre ans ou même pour un match !)...

Ce fut une belle fête dimanche !
J'étais sur une île de la côte atlantique et je voyais des gens qui ne se connaissaient pas chanter en coeur, sauter dans le port, trinquer, rire. Je ne vais pas vous mentir, ça m'a fait monter les poils des bras à 90°... Oui, je suis comme ça, moi ! Je m'émeus de la liesse générale, j'ai le coeur qui bat un peu plus fort quand je vois flotter les drapeaux et chanter la Marseillaise !

Mais, dans le même temps, je ne pouvais pas empêcher une petite voix sortir du fin fond de mon cerveau et me susurrer que la fête n'était pas si belle que ça, que cette joie allait vite faire place à autre chose de moins émouvant, que le Black-Blanc-Beur de 98 n'aurait pas le même impact.
Oh les journalistes ont bien essayé de nous vendre le concept à grands coups de consultants politiques et de chroniqueurs sportifs sur les plateaux de télévision !
C'est ce qui manquait aux français pour leur redonner l'amour de la patrie ! Ca fait des mois qu'une quantité non négligeable de population crache sur le drapeau, sur la patrie arguant qu'elle ne se reconnaît plus dans son pays, que le communautarisme remonte en flèche mais, là, là, ça y est, c'est le déclic ! Regardez tous ces gens qui brandissent les couleurs et chantent l'hymne d'ordinaire si décrié !!!
Et tous les joueurs d'y aller de leur couplet patriotique de bon aloi (attention, je ne dis pas qu'ils n'y croyaient pas bien au contraire, je pense vraiment qu'ils étaient sincères...).!
Bref, tout cela était parfait et avait, dans le même temps, un goût de je-n'y-crois-pas alias les-lendemains-vont-déchanter...

Et, malheureusement, ça n'a pas tardé !

Une belle fête dans toute la France et, au milieu, quelques décérébrés qui viennent tout gâcher, tout casser. Des voitures brûlées, des flics caillassés, des magasins pillés, des échauffourées dans les rues. Les forces de l'ordre obligées d'intervenir, de disperser, d'interpeller, de se défendre à coup de canons à eau, de gaz lacrymo. Putain (excusez ma vulgarité !), mais où sont les moments de novembre 2015 où on venait remercier les forces de l'ordre de nous défendre et de donner leur vie au milieu des attentats terroristes ??? Mais où est l'esprit de fête ??? Pourquoi tant de haine envers son prochain, envers la société dans un moment où les gens devraient juste se contenter d'avoir deux étoiles dans les yeux ???
Et ne me faites pas croire que ces gens-là étaient entrain de lutter, de se rebeller contre une injustice sociale ou économique ou politique...
Non, ce sont juste des sans-cerveaux qui ont oublié leur cerveau à la maternité et qui le revendiquent haut et fort...

Ceci étant, ils n'étaient pas les seuls à gâcher la fête, loin de là !!!

Et oui, la beauté de la multi-racialité (ouh, le vilain mot !) de notre équipe nationale n'a pas tardé à éveiller les commentaires nauséux tout azimuts !
Pourtant la victoire est belle, l'équipe aussi qui ne joue ni les stars blasée, ni les enfants gâtés mais non...
Un ancien défenseur croate avait déjà lancé l'offensive avant la finale ainsi qu'un international de rugby sud-africain qui, de concert, se demandaient de quelle nationalité était l'équipe qu'ils affronteraient...
La réponse est claire avec cette carte :

Maintenant, s'il s'agit de leurs origines, pour une fois Christophe Barbier a très bien parlé rappelant le passé colonial de la France, qui a fait notre histoire et qui fait notre pays (et je rappellerais bien au passage que leurs origines choquaient beaucoup moins lorsqu'il s'agissait d'en faire de la chair à canon...). Et Obama a fini de planter le clou en disant que nos mecs ne ressemblaient pas tous à des gaulois mais qu'ils sont tous français !
Les italiens (quoique la charge de Matteo Salvini me semble, quant à elle, tout autant politique que raciste !) qui commencent à assumer un racisme décomplexé depuis les élections législatives et qui n'hésitent pas à imiter les singes quand un joueur noir touche le ballon et qui multiplient les messages méprisants à l'encontre de notre équipe (c'est moche la jalousie quand on n'a même pas été capable de se sélectionner pour participer à la coupe du monde !).
Mais, attention, n'oublions pas de balayer devant notre porte, les réactions fielleuses ne sont pas l'apanage des autres (les autres, c'est l'enfer ! Les autres, ce sont les méchants !), ici, sur les Champs Elysées ou dans les fanzones de province, aujourd'hui que l'effervescence de la victoire se dissipe au même vent que les litres de bière, de bons petits fachos puants commencent à lever la voix...
Bref, le racisme est loin d'être mort et ne demande qu'à se ranimer même (surtout ?) au milieu des pétards festifs !

Mais avant même le lendemain, il y a eu le soir même, devant le monde entier, je n'ai pas voulu dire à voix haute ma colère mais Poutine, quoi !!!

Comment ne pas voir tout le symbole de cette image incroyable du parapluie qui s'ouvrait tout de suite au-dessus de la tête de Poutine, alors que le président français a eu le temps de bien tremper son costume et que la présidente croate, elle, a eu le temps de tremper son maillot à damiers, son brushing, son pantalon, ses sous-vêtements et même, sans doute, ses os avant d'obtenir chacun leur tour le droit de se mettre à l'abri...
Résultat de recherche d'images pour "présidente croate sous la pluie"

Je ne discute pas des accointances politiques de la dame, ni du fait qu'elle ait supporté son équipe à chaque match en se payant son billet en classe éco et en posant des congés comme n'importe quel salarié... Je me dis juste que l'attitude du président russe aurait comme des relents d'impérialisme soviétique ayant du mal à digérer que la petite soeur se soit affranchie du grand-frère communiste... Elle ne mérite aucun intérêt. Elle est quantité négligeable, déjà, peut-être en tant que femme (mais, là, ce serait réduire le débat au plus pur sexisme de base. Ceci étant, un doute raisonnable est permis !) mais, tout aussi sûrement, en tant qu'hiéritière d'une nation indépendante, qui a participé à l'éclatement de "l'empire"...

Il y a également eu, pendant le match, ces quelques Pussy Riot qui ont surgi sur le terrain (je ne vous raconte même pas comment elles vont payer l'affront international infligé à Poutine...) notamment pour s'opposer aux conditions d'incarcération d'Oleg Sentsov... 
Il va sans dire qu'aujourd'hui, on pourrait tous aussi vouloir manifester pour leur libération à elles puisque, bien évidemment, elles ont été arrêtées sur le champ...
Pour en revenir à Sentsov, personne ne s'émeut qu'un homme qui s'était insurgé contre l'annexion de la Crimée (l'opinion internationale a bien fait entendre quelques reproches vite étouffés parce qu'il ne faut pas trop contrarier le dictateur président.) soit incarcéré pour 20 ans. Cela encore n'est pas le pire de l'horreur. Non, ce qui est pire, odieux, insupportable, c'est qu'il ait entamé une grève de la faim depuis deux mois et que, d'après le Moskovski Komsomolets, on le nourrit de force en lui faisant entrer de la soupe par le nez, ce qui est innommable et qui, cela seul, justifierait que la moitié de la planète hurle son indignation à s'en faire péter les cordes vocales !

Mais ne croyons pas qu'au moins, côté américain, l'honneur est sauf car l'attitude de Trump à l'OTAN, se conduisant en maître du monde devant lequel l'Europe ne doit que s'incliner et aligner l'argent sans mot dire est également à vomir...

Enfin, que dire de notre paillasson qui aurait bien besoin d'un bon coup de balais ? On en parle de la réforme de la constitution votée (comme par hasard !) pile poil dimanche soir, aux termes de laquelle, dorénavant le président de la République aura le droit d'assister aux débats et aux votes du parlement réuni en Congrés ? On en parle de ce foulage en règle de la séparation des pouvoirs si chère à notre démocratie ?
Ah non, les journalistes ont préféré faire les gorges chaudes du foulage au pied par notre président des graviers de la cour de l'Elysée (et le protocole, bordel ?) !

Bref, il y avait une très belle occasion de faire la fête, de se réjouir avant de se remettre les mains dans le camboui mais l'Homme est moche, vil, mesquin et, pendant qu'on agitait la queue de Mickey dorée à bandes vertes devant les yeux hypnotisés de la population, il en profitait pour nous le démontrer une fois de plus derrière sa façade de sourire médiatique...
Et, parmi les journalistes, parmi les chaînes d'info, parmi la presse, qui, pendant 48 heures a essayé de faire valoir une information autre que footballistique ?
"Viens mon petit poisson, regarde le beau ver ! Et, hop, on le tire de l'eau et on l'emmène mourir dans un monde froid et blanc !" (E E Schmitt)

Alors, oui, cette équipe faisait vraiment plaisir à voir dans son enthousiasme communicatif. Rien de blasé ou de calculé. Des gosses le matin de Noël ! Et on s'en fout qu'ils ne soient pas allés au Crillon. Ce sont les aléas d'un retard, d'un programme, de la spontanéité...

Dimanche soir, j'avais une folle envie de faire un câlin à la présidente croate qui a stoïquement embrasser tous les joueurs les uns après les autres, sans se départir de son sourire chaleureux.

Lundi, j'avais envie d'approuver Obama dans sa déclaration lors de l'hommage à Mandela.

Et, pour terminer, cela fait plusieurs semaines que je me surprends à éprouver un très grand respect pour un tout jeune joueur de l'équipe de France qui n'a pas oublié d'où il venait et, apprenant la galère d'une classe de sa ville natale, qui avait monté tout son projet annuel en vue d'aller en Russie pour la coupe du monde et que l'un des financiers a laissé tomber au dernier moment, a financé les sommes manquantes et a même payé des places pour un match.
Cela s'ajoutant au fait qu'il a passé un contrat pour que toutes ses primes de match soient reversées à une association caritative de son choix.

Donc, encore une fois, cette victoire est belle et on a bien fait de s'en réjouir et il y a de belles personnes mais, malheureusement, également, à bien y regarder, sacrée gueule de bois !!!