Fahrenheit 451
Bonjour à tous,
J'espère que vous avez bien profité de ces trois jours.
J'ai bien profité également et, du coup, j'ai même fini le livre que j'avais commencé. En fait, il s'agt d'une relecture d'une oeuvre découverte en troisième : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.
Si je suis tout à fait honnête, ça fait quelques mois que j'avais envie de m'y replonger car certaines images que j'en avais conservées me revenaient au fil des actualités et je voulais vérifier si ce que j'avais oublié était bien aussi navrant de similitudes avec notre société actuelle ou pas...
Au début du confinement, j'ai pris le bouquin et puis, au bout de trois pages, j'ai renoncé car j'ai senti que cela allait me remuer au-delà de ce que je me sentais capable, alors, de gérer. Et puis, donc, la semaine dernière, les déclarations de notre premier ministre sur le déconfinement et le soleil aidant, je me suis dit que je devrais pouvoir gérer la chose...
Alors, tout d'abord, pour mettre dans l'ambiance ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre, c'est de la science-fiction d'anticipation (et je crois que c'est ce qui m'a marquée et mise mal à l'aise quand j'étais ado : c'était relativement crédible et c'est ce qui m'a ramenée vers lui aujourd'hui car j'y ai vu des choses qui me rappellent notre société...)
De plus, il s'agit d'une dystopie, c'est à dire la description d'un monde imaginaire dans lequel le bonheur ne peut exister, par opposition à l'utopie (excusez-moi mais Sainte Chérie étant désormais et officiellement une khâgneuse, il va falloir que je relève mon niveau de vocabulaire !).
Enfin, qu'il me suffise de vous dire que Fahrenheit 451 est le degré exact de température à laquelle le papier arrive à son point d'auto-inflammation.
Donc, dans ce monde futuriste et dystopique, Montag est un pompier mais, dans ce monde-là, les pompiers sont là pour allumer les feux dans les maisons et brûler les livres qui s'y trouvent. Ils sont les artisans de ces autodafés voulus par le pouvoir qui a érigé les livres en danger pour la société.
Le livre incite les gens à réfléchir, à entretenir leur esprit critique or le pouvoir ne tolère que le principe de pensée unique qui doit assurer le bonheur universel et si les gens n'y arrivent pas tout seul, ils envoient des espèces d'ambulanciers/infirmiers qui sont là pour opérer une espèce de lavage du cerveau, agrémenté de petites pilules et de transfusion de sang. L'humain est une armée de lobotomisés bombardé d'images et de faits, débarrassés de toute émotion, ou réflexion (vous voyez poindre le douloureux parallèle qui me sautait à la figure ?).
Donc, notre pompier Montag, coulait des jours heureux, sans réflexion, ni question, jusqu’à sa rencontre, un soir, avec Clarisse, jeune fille du voisinage, qui lui demande juste s’il est heureux. Et, c'est ce petit grain de sable dans l'engrenage qui va entraîner Montag à se poser des questions, à réfléchir et, même à voler un livre au milieu d'un incendie...
Pour ne rien vous cacher, j'ai bien fait d'attendre pour le relire : je n'aurais pas géré les parallèles. J'ai de nouveau été remuée et bousculée et je me demande si ce ne sera pas plus durablement qu'il y a 30 ans...
Je suis ravie d'avoir complètement abandonné tout ce qui était informations télévisées en grand-messe ou en chaîne ininterrompue et je vais continuer à les lire.
Mon échine se hérisse d'autant plus, maintenant, quand j'entends les gens geindre qu'on les traite comme des enfants incapables de se gérer et que je vois le manque de réflexion, de prise sur soi de certains juste pour se prouver que...
J'ai interrompu ma lecture par moments aussi, par besoin de sortir du contexte, de prendre une bouffée d'air...
Ce livre est un incontournable et Ray Bradbury un visionnaire...
Je n'ai pas relu les nouvelles qui sont derrière. Ce n'était pas le but de ma madeleine de Proust.
En conclusion, je ne saurais que trop vous le conseiller MAIS choisissez votre moment si vous êtes un peu sensible, claque assurée...
Je vous souhaite une belle journée où que vous soyez et quoi que vous fassiez !