Il y a parfois des évènements qui résonnent comme des " concours de circonstance ", comme des hasards sinistres.
Il y a des échos. Mais pas celui qu'on entend au milieu des pâturages en montagne. Celui joyeux des randonneurs qui s'interpellent ou des cloches des vaches et autres moutons broutant l'herbe verte.
Il y a l'écho qui ressemble à celui qu'on entend au fond d'une crypte, à la croisée du transept d'une cathédrale batie au nom d'un Dieu pour lequel on a tué tant d'infidèles, ici ou ailleurs, sorcières, juifs ou mahométans...

C'est cet écho-là qui a résonné et résonne encore à la maison par le fruit de terribles concours de circonstances.

Il y a un peu plus d'un mois, je faisais découvrir à Sainte Chérie le film " Suffragettes " relatant le combat pour l'obtention du droit de vote pour les femmes en Angleterre.
Sainte Chérie avait été choquée de cette violence et de la découverte que ce qui lui semblait allait de soi avait été obtenu, non seulement, de haute lutte mais, en plus si récemment. Nous avions donc parlé de la " Women's Social and Political Union " qui avait été créée à Manchester, du courage des femmes anglaises qui ont ouvert la voie à beaucoup de leur " soeurs " européennes, des combats à mener car aucune liberté, aucun droit n'est jamais définitivement acquis.
Et puis, il y a eu le 22 mai...
Tant de femmes, jeunes-filles ou fillettes (et d'hommes également) tuées au nom d'une croyance (je refuse de parler de religion dans ce cas-là car, pour moi, le Qualifat ne représente aucunement l'Islam !) dans laquelle les femmes n'ont aucun droit, aucune existence autre que celle de l'asservissement.
Et, à tort ou à raison, j'ai entendu cet écho. Il m'a frappée. Il m'a secouée.
Au delà de l'horreur de la barbarie kamikaze, cette image s'est imposée. Je ne ferai pas l'honneur aux terroristes d'avoir pensé (ces gens-là ne pensent pas !) à ça en choisissant leur cible mais, moi, j'y ai pensé... 

La semaine dernière, j'ai fait découvrir à Sainte Chérie " Le discours d'un roi " relatant l'accession au trône de George VI et sa lutte contre le bégaiement jusqu'à son discours radiophonique lors de l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne. 
Forcément, là encore, nous avons élargi le débat avec Sainte Chérie. Nous avons parlé du courage des britanniques, sans qui nous parlerions peut-être allemand aujourd'hui, de Churchill et de son discours du 13 mai 1940, promettant du sang, de la sueur et des larmes à ses compatriotes pour mener une guerre sans merci contre l'Allemagne et accéder à la victoire.
J'aime bien les anglais (bon, sauf Martin Jonhson et Owen Farrell mais, ça, c'est une autre histoire !) dans ce qu'ils peuvent avoir de plus noble.
Et puis, il y a eu le 3 juin...
J'ai entendu Sadiq Khan, le maire de Londres. J'ai entendu Teresa May (bon, ok, je la mets dans le même sac que Maggy Thatcher et donc je ne les aimes pas beaucoup non plus !). J'ai aimé leur discours implaccable, leur volonté de résister, de maintenir le processus démocratique.
Oui, bien sûr, en France également, les discours post-attentats étaient plein de cette volonté mais, dimanche matin, en filigrane, je voyais Churchill, je voyais les anglais dans l'adversité de la bataille d'Angleterre, j'entendais cette fierté de la perfide Albion qui fait que je l'admire autant qu'elle m'exaspère...

J'ai tremblé pour ma nièce qui vit et travaille à Londres. J'ai tremblé pour un pote qui vit et travaille à Londres. J'ai été soulagée d'avoir de bonnes nouvelles des deux et quand, dimanche soir, à un concert, Jain a chanté la chanson composée au lendemain des attentats du 13 novembre et qu'elle a levé le bras en faisant le V de la victoire, tête baissée, en hommage à toutes les victimes des attentats, l'écho en moi s'est fait larmes et j'ai levé le bras en faisant le V de la victoire...