En ce moment, ma rue ressemble à Beyrouth en 1979 (je préfère une référence ancienne à d'autres tout aussi réalistes mais bien plus actuelles). Ils sont entrain de refaire tout le réseau de gaz (et quand j'ai vu l'état du tuyau sorti devant chez moi, j'oserais dire « il était temps !!! »).
Bref...

Ca a commencé à l'automne dernier, j'ai eu la visite d'un responsable m'expliquant ce qu'ils allaient faire, pourquoi ils allaient le faire, comment ils allaient le faire. Je ne suis pas contrariante : j'ai écouté et j'ai dit « ok ! Quand faut y aller, faut y aller ! »
Les délais annoncés s'étalaient entre novembre et février.
Et, là, vous vous dites : « certes, elle a du retard dans son blog mais on est quand même fin juillet donc, soit elle fait dans le très très très réchauffé par un manque abyssal d'inspiration (mais euh !), soit y a baleine sous gravier (ou chemise sous pull ou anguille sous roche)... ». Je vous le dis de suite : « Y a baleine sous gravier ! »

J’ai reçu un premier courrier m’indiquant que, dans le cadre des travaux de réfection du réseau, ils allaient devoir changer la cahute qui abrite mon compteur mais que comme ils sont super gentils avec moi, j’avais droit à un tarif préférentiel à condition de payer avant telle date.
Moi, docile, je prends mon chéquier et envoie le chèque.
Un mois et demi après, je reçois une lettre avec mon chèque en retour m’indiquant qu’en fait ma cahute n’a pas besoin d’être changée parce qu’elle est juste comme il faut et que, donc, ils me retournent mon chèque (moi, je voudrais bien qu’on m’explique pourquoi après la visite du responsable ma cahute n’était pas aux normes mais que deux mois après, elle l’était. Enfin, bon, ils me font économiser encore plus de sous donc je ne vais pas me plaindre !)…

Et, là, plus de nouvelles jusqu’à il y a une grosse quinzaine de jours où j’ai vu débarquer dans ma rue, des barrières, une benne, un préfa de chantier (vous remarquerez que depuis que je bosse dans une boîte de BTP, je deviens hyper technique dans mon vocabulaire !), des feux alternés…
Heureusement, avec les vacances scolaires, ma rue est assez peu fréquentée donc bon, finalement, pas de quoi fouetter un chat !

Et puis, le week-end dernier, je reçois une petite carte dans ma boîte aux lettres (du genre que le releveur laisse après son passage) : Coupure de votre installation le 27 juillet de 9h à 17h. PRESENCE INDISPENSABLE.
Ben, tiens, c’est évident que je n’attendais que vous un jour en pleine semaine fin juillet !

Lundi, dès potron minet, je prends mon téléphone et appelle la société qui me dit de contacter de TOUTE URGENCE le conducteur de travaux.
J’appelle, toute tremblante, le conducteur des travaux prête à m’excuser platement de mon inconséquente absence liée à ce qu’on appelle couramment l’obligation d’aller travailler. J’avais déjà devant les yeux des images de ruines de maisons, de rues soufflées, de corps mutilés dues à une explosion de tout le quartier.
«  Ah, c’est gentil d’appeler pour dire que vous ne serez pas là ! Pourriez-vous juste prévoir de ne pas fermer votre portail à clef, s’il vous plaît ? Non, parce qu’il faut qu’on démonte et qu’on change la cahute qui abrite votre compteur donc il faudrait qu’on ait accès à votre jardin ! »