A l'origine, je voulais intituler ce billet " le retour du complexe de la mère parfaite " mais, en fait, je me suis aperçue que le propos était plus large que ça et que ce n'était pas tellement une question de complexe mais de devoir faire des choix.

La semaine dernière, quand j'ai téléphoné à Sainte Chérie pour lui dire qu'il y avait peu de chance que je puisse m'arrêter la voir pour lui faire un bisou avant ma répète de théâtre, elle m'a dit d'un ton d'institutrice énoncé une vérité indiscutable : " Ca veut dire que je t'ai vue une demi heure hier soir et que je ne te reverrai pas du tout avant demain soir au mieux ? ... Alors là, soyons très claire : ton nouveau travail, ce n'est pas drôle du tout ! ".
Ok, je n'ai pas pu résister (non pas qu'elle me faisait un reproche qui me faisait culpabiliser mais parce qu'elle m'a fait sourire et qu'elle me manquait) et je suis passée lui faire un bisou dix petites minutes et je suis arrivée avec 3/4h de retard à ma répétition...
Du coup, forcément, j'étais frustrée de mon moment " pour moi " de la semaine et, en même temps, j'étais un peu gênée vis à vis de mes coreligionnaires...

Et puis, vendredi soir, il y avait Pintaderie avec, en plus, un anniversaire.
Sauf que débauche à la bourre et accident sur l'autoroute, je suis rentrée avec plus de deux heures de retard sur l'horaire prévu et, donc, juste un bisou en coup de vent à mes Pintades avant de partir chercher Sainte Chérie à 22 heures, pour l'emmener aussitôt dormir à l'autre bout de la CUB, avant d'avaler un succulent petit dîner en deux temps, trois mouvements et de repartir à 7 heures samedi pour aller travailler...

Et puis, samedi après-midi, des envies de crêpes et de parc mais, de mon côté, trop d'obligations de lessive, de ménage, de rangement, d'administratif et, du coup, j'ai dû faire faire un choix " crêpes ou parc ".
Et, ça, voyez-vous, ça fait deux ans que j'essaye de tout faire pour faire plaisir et que, là, ça n'est tout simplement pas possible et c'est terriblement frustrant ! Non seulement pour moi mais aussi pour mon entourage qui doit ré-apprendre mon indisponibilité.

Inutile de vous dire qu'entre dimanche (jour des rideaux baissés) et lundi, je nai pas eu le temps de tout faire pour attaquer ma semaine sereine et à jour. Normal !

Il faut donc, après l'apprentissage d'un nouveau poste, apprendre une nouvelle gestion du temps à laquelle je n'ai jamais été habituée car je n'ai jamais travaillé à plus d'une heure de route de chez moi, du mardi au samedi et avec des horaires si particuliers mais si réguliers que je ne peux rien faire le matin, rien faire à midi (car dans le trou-du-cul-la-morlette où je travaille, tout ferme de 12 h à 15 h) et pas grand chose le soir car je rentre quand c'est fermé ou presque...
Oui, je sais c'est le rythme du travail à reprendre mais ce n'est pas un rythme académique...
Oui, je sais que je ne fait que 35 heures mais très mal réparties sur les journées...
Oui, je sais que c'est une remise en jambes, une remise à niveau, un tremplin...
Et, oui, je sais que je ne suis pas la seule et qu'il y a même pire...

Il faut donc juste que je réapprenne et que les autres aussi réapprennent que je ne pourrai plus faire des brioches à l'arrache, gérer le combo devoirs-sortie-crêpes, faire le grand écart pour être partout et n'oublier personne, etc, si je veux profiter un minimum de Sainte Chérie, de mon chéri, de mes copines et de tout le monde, dans le peu de temps exploitable que j'ai. Sinon, le risque est de faire comme la semaine dernière et de ne profiter, finalement, de rien tellement j'ai trop peu de temps pour chacun, tellement je cours à droite à gauche.
Je crois qu'il va falloir que je m'oblige à inscrire en lettres d'or sur le mur dans ma chambre et à me le réciter chaque soir : " qui trop embrasse, mal étreint "...