J'avais prévu un tout autre sujet pour aujourd'hui mais l'actualité de mon quotidien fait que le récit de mon week-end attendra demain.

Sainte Chérie avait, hier et aujourd'hui, des devoirs sur table dans les matières principales. Oui, c'est chaud, oui, c'est tendu mais c'est comme ça. Elle enchaîne les épreuves toute la journée.
On connaît les dates depuis plusieurs semaines et on sait que tous les ans, il y a un contrôle des connaissances de ce type en milieu d'année.
Ce week-end Sainte Chérie était avec son papa.
La semaine dernière, j'ai un peu mis la pression pour commencer les révisions et j'avais encore plus mis la pression sur les révisions du week-end (penser à prendre TOUTES les affaires nécessaires, réviser les épreuves de lundi ET mardi, etc).

Maintenant que le décor est planté, je suis sûre que vous commencez à comprendre où je veux en venir...

Dimanche soir, Sainte Chérie semble catégorique tant sur la qualité que sur la quantité des révisions...
Je commence, malgré tout, à annoncer que le lendemain comprendrait une séance de dernières révisions.
Bouche tordue de la jeune-fille.
J'assume.

Lundi, j'accorde à Sainte Chérie une heure de détente et de repos à la sortie de sa première journée d'épreuves puis je lance les hostilités des révisions finales pour mardi.
On attaque par les mathématiques. Ca râle ferme dans les rangs : " pas besoin de faire et refaire des exercices, c'est bon ! "
Le temps passe...
A 19h, on laisse tomber les exo de maths pour faire un peu de cours pur et dur de Physique et, là, mes craintes (qui commençaient à s'éveiller depuis un moment mais j'essayais de ne pas les entendre !) ont pris une ampleur faramineuse...
Sainte Chérie en sait encore moins que la semaine dernière. Il faut lui tirer chaque mot ou presque de la bouche.
Elle s'agace parce qu'on la reprend sur ses approximations, sur ses hésitations, ses cafouillages...
On passe aux Sciences et Vie de la Terre... Même combat !
Tout est à reprendre. Tout est à faire.

Ne préférant même pas voir ce que peuvent donner les définitions de maths, je lui demande d'aller apprendre son cours avant que je ne l'interroge.
Je commence alors à me dire que je ne vais peut-être pas pouvoir assister à mon cours à 20h et même peut-être pas y être pour 21h.
Au bout d'un quart d'heure, je vais voir où elle en est...
Elle n'a même pas pris son cahier de maths, elle fait des lignes de vocabulaire anglais de SVT sur lequel elle s'était plantée...
J'explose : j'attendais de l'interroger pour partir et elle fait autre chose...
J'annule mon cours et lui demande crie de ranger vite fait ses affaires pour qu'on rentre travailler à la maison.
Je sais, c'est mal... Ca ne règle rien ! D'accord...

Dans la voiture, je lui demande d'être honnête et de me dire quelles ont été ses révisions du week-end avec son père.
Elle m'avoue alors (ce que je subodorais !) qu'elle a juste relu ses cours et que son père (au courant des épreuves qu'elle avait à passer) n'a pas jugé utile de la faire réciter quoi que ce soit ou de lui faire faire des exercices mais pas seulement pour les épreuves de mardi, pour celles de lundi également. Je réalise alors pleinement l'ampleur des dégats et le fait qu'elle a fait un devoir de français, un d'histoire-géo et un d'anglais en improvisation quasiment complète.
Je ne le pensais pas mais ma colère augmente encore...
Il n'y a pas que de la mauvaise volonté d'une jeune-fille qui n'a pas envie de réviser après une journée chargée.
Rien n'a été fait !
Non seulement, elle est allègrement passée sur toutes mes recommandations et demandes mais elle a 12 ans.
En revanche, son père est sensé être un quadra responsable et, une fois encore, il a préféré passer son week-end sur son ordi que faire ce qu'il fallait faire...
Je suis hallucinée, fumasse, dégoûtée, excédée !

Je vous laisse imaginer la soirée, le dîner au lance-pierre, le coucher tardif et autres réjouissances...
Ah et puis aussi la culpabilité !
Ben oui, j'ai encore cru au Père Noël. J'aurais dû être plus ferme sur les révisions la semaine dernière.
Aurait-il fallu lâcher sur l'apprentissage et favoriser le coucher à une heure habituelle ou essayer d'enquiller un peu quitte à rogner sur le sommeil ? Quelle que soit la solution, elle n'était pas bonne et frustrante...

Inutile de songer à avoir une discussion constructive avec le père de Sainte Chérie... Ca se saurait depuis presque 9 ans, si c'était possible... Même Sainte Chérie reconnaît que son père aurait trouvé une " bonne " raison pour faire retomber la faute sur elle ou autre chose.
J'ai toujours été seule sur ce plan-là et je l'ai encore plus ressenti hier soir...
Mais je ne pouvais pas ne pas essayer de m'expliquer avec Sainte Chérie. Elle a fini par consentir que, même si elle avait trouvé que j'exagérais en début de soirée, elle se rendait compte maintenant de l'étendue des dégats et qu'elle s'était comportée comme une salle gosse (sic)...
J'ai encore plus culpabilisé et ai mis un long moment à me détendre seule sur mon canapé tout en croisant les doigts pour que Sainte Chérie ait réussi à trouver un sommeil réparateur...

Quant à son père, une fois de plus, il n'aura rien assumé et Sainte Chérie a, elle-même, reconnu que si j'essayais de le mettre en face de ses responsabilités, il se débrouillerais pour faire retomber la faute sur elle sans vergogne.
Finalement, la solitude de la mère divorcée va peut-être de paire avec celle de la fille d'un égoïste cossard...