L'été se coule autour de moi ou je me coule en lui.
Les semaines sans enfants, puis, maintenant, nous cinq.
L'agitation des travaux, la crainte que le temps manque, que la pluie arrive pour nous empêcher de finir à temps puis la fébrilité des enfants qui ne conçoivent la vie que pleine de mouvements et d'activité.
Les travaux enfin terminés et admirés. Des soirées à cinq tous blottis sur le même canapé devant le même film.
Les journées ensoleillées puis les averses orageuses.
Les barbecues à 17 et les brunchs à 2.

L'été en pente douce comme je l'aime ou comme je l'aimerais si j'arrivais à oublier que dans quelques minutes je vais être devant quelqu'un qui peut bouleverser les jours à venir en m'imposant de repartir là où je ne veux pas, là où le point final doit s'inscrire dans une semaine...
La pente douce est, parfois, bordée d'une large crevasse qui menace de m'engloutir. Je ne la regarde pas. Je la sens tout près mais je ne la regarde pas.
Je me concentre sur les soirées au jardin, sur les amis qui viennent faire une pause sur la route des vacances, sur jeudi et vendredi (si tout se passe bien), sur les soirées d'anniversaire surprise et les dizaines qui s'égrennent (40, 60...).
Alors, l'été se coule mieux autour de moi et je retrouve l'envie de me couler en lui.