J'avais oublié les problèmes de connexion à internet. Depuis trois mois, cela fonctionnait sans problème et puis, la semaine dernière, retour des problèmes...
Internet en clignotant qui ne m'a pas permis d'écrire un billet pour vendredi...
La télévision aux abonnées absentes jusqu'à une heure avant le dernier match du tournoi des VI nations de l'équipe de France...

J'avais également oublié le plaisir du soleil et des températures très printanières qui viennent vous envelopper, vous donner envie (même à moi !) de s'occuper du jardin, de sortir la maison de son hibernation et de rendre à la vie les plantes en faisant trépasser les mauvaises herbes.
Première tonte. L'odeur de l'herbe fraîchement coupée, le linge qui claque en séchant au soleil. Le café pris le nez tourné vers le soleil comme l'aiguille d'une boussole qui pointe vers le nord.

J'avais oublié le plaisir d'avoir des amis autour de ma table.
Le plaisir de réfléchir au menu, de s'affairer dans la cuisine, de voir les plats prendre forme petit à petit.
La bande d'enfants (qui sont de moins en moins des enfants !) qui va et vient, les rires, la convivialité, le charme d'un repas à la bonne franquette qui s'étire.
Il y a eu aussi un peu de fatigue et de douleurs mais celles-là font du bien même quand elles font mal !

J'avais oublié les week-end à la campagne et les siestes dans l'herbe.
L'odeur de la rosée au petit matin et le plaisir de se mouiller les pieds jusqu'à mi-mollets pour aller chercher du bois bien sec.
Le marché et ses petits producteurs si amicaux.
Le goût de la viande bien rouge qui grésille sur les braises et un bon verre de vin à partager autour de discussions de filles sans personne d'autre que nous à s'occuper.

J'avais oublié qu'on pouvait prendre du temps, juste Liline et moi, sans enfant, sans personne, juste le temps d'un déjeuner.
J'avais oublié mais je n'oublierai plus. On se l'est promis, on va recommencer de temps en temps, juste nous deux. On sortira de la ronde infernale du quotidien. Le monde continuera de tourner mais nous on se posera, comme ça, une heure par ci par là.

J'avais oublié les balbutiements d'un texte à apprendre. Pas évident de s'y remettre, de se rendre compte qu'on ne sait rien mais se nourrir de la certitude que le temps avançant, on le saura sans s'en apercevoir.

J'avais oublié la peur, la panique de voir un numéro de téléphone s'afficher au point d'être incapable de décrocher.
J'avais oublié les entrailles qui se déchirent et le cerveau qui refuse de répondre à quelque sollicitation que ce soit.
J'avais oublié depuis l'été dernier...