Ce billet n'était pas celui que j'avais prévu pour aujourd'hui...
Je voulais vous parler cinéma, haute-couture, etc.
Mais, parfois, il y a des coïncidences, des hasards qui bousculent un peu ce qui aurait dû être !

En ce moment, Sainte Chérie attaque bien la première vague de la pré-adolescence...
Je vous passe les " c'est trop nul ! ", les " de toutes façons, tu ne comprends pas ! " (j'échappe encore au " tu ne comprends jamais rien ! "... Oui, oui, sachons nous réjouir de ces petits détails !), les yeux en l'air à la moindre réflexion ou pire : le regard vitreux et fermé !

Oui, l'entrée au collège marque un cap...
Je ne sais pas si les heureuses (?) mères d'adolescents ont le même ressenti que le mien ou si j'ai engendré un cas à part mais j'avoue qu'à 11 ans, parfois, je me prends à avoir peur des six/sept prochaines années...
Ca pourrait être long... Très long !
Ca flanque un peu le vertige même !
Donc, depuis quelques mois, nous sautillons allègrement de périodes de crise en périodes de tronche, en passant parfois aussi par la case engueulade...
J'avoue trouver ça quelque peu usant...
Heureusement, il y a aussi quelques périodes d'accalmie qui soulagent et permettent de reprendre son souffle !

Comprenons-nous bien !
Je suis ravie que ma fille s'affirme, qu'elle commence à " tuer " ses parents pour se construire en tant qu'adulte.
Sincèrement, le contraire me ferait plutôt peur. J'aurais comme l'impression de voir le spectre d'une personne qui appartient à une de mes précédentes vies. Brrrrrr !
Mais, disons que, là, à 11 ans, j'ai tendance à trouver qu'il me manquerait comme une phase d'adaptation, vous voyez ? Une sorte d'apéritif, une mise en bouche, en somme !
Si vous ajoutez à ça que son père est très loin de faire son maximum pour aider. J'irais même jusqu'à dire que l'une commence tôt et que l'autre continue tard la crise d'adolescence, si vous voyez ce que je veux dire !!!

Bref, je passe au deuxième élément de la coïncidence (sinon, ça ne fonctionne pas, hein, ma démonstration !).
Hier soir, en deuxième partie de soirée, il y avait " Le premier jour du reste de ta vie " à la télé pendant que je repassais (là, je sens que j'attire grave le chaland par le glamour de ma vie !).
J'aime bien ce film... Je le trouve tendre et amer... Il m'émeut...
C'est un très joli film !
J'aime l'histoire de cette famille, le couple, les enfants, les évènements quotidiens qui jalonnent les existences et puis... et puis il y avait autre chose mais je n'ai pas réussi à mettre le doigt dessus...
Enfin, si, j'ai mis le doigt dessus plus tard... une fois que j'ai été dans mon lit...
Il y a aussi la difficulté de la relation mère-fille !

J'aime bien Zabou et je l'ai vue sous un autre angle.
J'ai vu comme elle se heurtait à la rébellion de Déborah François.
J'ai vu le mépris dans le regard que sa fille porte sur elle.
J'ai vu le refus de la communication.
J'ai vu la colère.
J'ai vu, j'ai vu, j'ai vu...
J'ai vu que ça me faisait peur !
J'ai vu que j'étais obligée de tenir le rôle de la marâtre parce que je suis toute seule à l'éduquer.
J'ai vu qu'elle avait moins envie de se confier qu'avant.
J'ai vu ce que pourrait devenir nos relations.
J'ai vu que je n'aurai jamais Jacques Gamblin à mes côtés pour m'épauler parce que son père lui donnerait toujours raison contre moi.

Mais, du fond de mon lit, j'ai vu tout ça et je me suis dit que je n'avais pas tellement de choix et qu'il fallait que je prenne le risque de tout cela.
Je n'ai pas l'ombre du début d'une solution mais je suis sa mère.
C'est mon rôle de la guider, de la frustrer parfois, de la cadrer souvent mais c'est aussi ça de l'aimer, de vouloir son bien...
C'est mon rôle, je le sais bien et je l'ai accepté la nuit de sa naissance mais, là, va falloir que je grandisse encore un peu pour m'y résoudre, là, de suite, maintenant !