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Le titre, en lui-même, annonce déjà tout un monde d'aventures et mon oncle ne s'y est pas trompé en m'offrant ce livre il y a une quinzaine.

1463, François Villon, célèbre poète français, est condamné à mort puis gracié par Louis XI. Il quitte la prison et disparaît pour toujours. Ca, c'est la version officielle et historique que tout le monde connaît !
Raphaël Jerusalmy, lui, en fait le point de départ d'une grande aventure. En fait, François Villon est grâcié mais à la seule condition de remplir une mission pour le roi. Une mission qui doit lui permettre d'oeuvrer pour l'unité de la France et pour la sape de l'autorité papale.
L'imprimerie en est à ses balbutiements et seule l'Eglise (et ses moines copistes) permet la diffusion des oeuvres littéraires sous couvert, bien évidemment, d'une censure très sévère. Le poète part donc pour Jérusalem à la rencontre d'une mystérieuse confrérie qui détient la plus importante et la plus ancienne collection de manuscrits du monde, dont ceux réchappés du grand incendie de la bibliothèque d'Alexandrie.
Le but : favoriser le développement de l'imprimerie et la diffusion d'oeuvres jugées subversives par l'Eglise.

Monté comme un roman d'aventures, le livre de Raphaël Jerusalmy évite les écueils du roman philosophico-mystique à grand spectacle (de type Dan Brown, pour ne pas le citer !) et c'est tant mieux !
On voyage de Paris à Jérusalem en passant par Gênes et Saint Jean d'Acre.
On croise, entre autres, Côme et Laurent de Medicis, Louis XI, le jeune Christophe Colomb.
On s'immerge dans les méandres et les secrets d'une espèce de secte dont on ne mesure pas vraiment l'étendue des ramifications (voire des tentacules).

Il y a quelque chose d'un peu inquiétant (je déteste l'idée de ces sociétés qui contrôlent tout, partout et tout le temps sans qu'on soit en mesure de le combattre ou de l'appréhender) et, en même temps, de réjouissant à se laisser emporter dans l'aventure.

L'écriture est agréable, simple. On sent que l'auteur est passionné d'histoire et que son récit est fort bien documenté en amont.
En revanche, j'ai moins aimé le parti pris de rédiger le livre au présent de l'indicatif.

Ce qui est amusant, c'est qu'outre le fait que ce soit mon oncle qui me l'ait offert, pour moi, ce livre me fait vraiment penser à lui. Sans doute ses voyages, ses idées... Bref, pour moi, c'était comme enfiler ses chaussons et me mettre dans son canapé : j'étais chez lui !

J'ai beaucoup aimé mais j'avoue qu'au final je n'ai pas été aussi transportée qu'avec " Les rapines du duc de Guise ". Il aurait peut-être mieux valu que je lise autre chose entre car deux romans historiques d'aventures et sur, quasiment, la même période, rendent peut-être les comparaisons plus acérées.