J'assiste au départ successif en vacances de mes amis, de mes proches, de mes moins proches. C'est étrange comme sentiment...
Cette excitation qui se mêle à la fatigue et à la lassitude de l'année.
Cette perspective que les jours à venir seront empreints de légèreté, de détente, sans plus d'horaires, ni de contraintes.
La douceur des longues soirées où l'on ne pensera plus à rien.
Le moment où l'on songe sans encore y être à ces plaisirs partagés, au farniente, au bruit du ressac ou du vent dans les feuilles, à l'odeur, aux dîners entre amis à pas d'heure.

Seulement, cette année, pour moi, il n'y a rien de tout cela à tous les égards.
Etant déjà arrêtée, je ne peux me réjouir à l'idée de m'arrêter.
Pourtant, parfois, je me prends à rêver que je range mon bureau et prépare mes dossiers pour parer à toutes les éventualités qui pourraient tomber pendans mon absence...
Et puis, je ne peux pas ne penser à rien, me détendre et laisser le temps couler sans contrainte, sans inquiétude.
Aller ouvrir ma boîte aux lettres chaque jour, entendre la sonnette retentir, réfléchir à l'heure qu'il est avant de faire ceci ou cela, regarder à gauche et à droite en permanence de crainte qu'on me voit et qu'on interprète cela comme une pavane, partir quand les autres restent et penser à eux quand je rentre chez moi. Chaque geste ou presque doit être calculé ou est sujet à questionnement...
Je ne peux même pas relacher la pression le temps des week-end puisque c'est sept jours sur sept et même les jours fériés...

Je sais, je n'y peux rien et je n'y suis pour rien. Je sais.
Je sais que je ne suis plus vraiment maîtresse de mon avenir médiat et que tout cela ne rime à rien mais que le premier ou la première qui ne s'inquièterait pas et qui n'y penserait pas me jette la première pierre.

Il n'empêche que cette pression quasi-permanente ajoute au fait d'être cloîtrée chez soi depuis de longs mois et même si l'été n'a jamais été ma saison préférée, celui-ci me pèse étrangement...